"Petzold
veille à placer ses thématiques tordues dans un cadre à ciel ouvert,
printanier et trompeur. Chez lui, l'eau ne renvoie pas au principe de
vie, mais enveloppe les protagonistes dans un linceul, quand la
voiture, en association avec "Wolfsburg"
(2003), devient une machine de mort de nature industrielle. Il faut à
ce titre saluer le placement de produit le plus pervers de l'histoire du
cinéma : un dramatique accident de la route permet l'apparition
d'une boite de soda, qui flotte à la surface lorsque le véhicule sombre
inexorablement dans la rivière où il s'est abimé. Le film est aussi
parcouru par "Road to Cairo", une chanson du folksinger américain David
Ackles reprise ici par Julie Driscol, qui décrit l'impossible retour
d'une âme errante dans sa petite ville natale, en écho à l'histoire de
Yella et à "Gespenster"
(2005), le film précédent de Christian Petzold. Aux côté de la
spectrale demoiselle, (dés)incarnée par Nina Hoss, Devid Striesow est
formidable de magnétisme.
arte.de
critique France de Julien Welter