Veronika_Voss

"Un des plus beaux films de Fassbinder, magnifique portrait d'une star déchue et tableau impressionnant de l'Allemagne des années 50."
nouvelobs.com  - Jean-Philippe Guérand

"La force de suggestion de Veronika Voss ne repose pas seulement sur le récit linéaire d'une histoire à sensation, mais avant tout sur le style, une grandiose imitation (qui est plus qu'un plagiat) de ces mélodrames de la U.F.A. auxquels Veronika Voss fut redevable de son succès. Le film en noir et blanc (...) évolue élégamment à la frontière de l'art et du kitsch; il a été tourné avec plus de distance que les drames de la fatalité de ces années-là."
Y.Karsunke et Fassbinder

"Avant-dernier film de Fassbinder, Le secret de Veronika Voss n'est pas un film sur  le cinéma, mais un film dans le cinéma, une relecture de Sunset Boulevard  à la lumière de l'histoire allemande, filmée depuis l'intérieur de l'histoire à rèves. Au coeur du mensonge. R.F.A. , années 50 : Veronika Voss, star déchue du IIIème Reich, se meurt à petit feu. dans la droge, et ses songes, elle tente de revivre sa splendeur passée. Doucereux flirt avec les abimes de la nostalgie. Violentes saillies du souvenir. Evoquant ses années de vedettariat (qui furent aussi celles d'Hitler), la Voss a ce mot : "Malgré tout, c'était la belle époque." Propos tragique, qui fait écho à ce que Sartre écrivit en tant de paix : "Jamais nous n'avons été plus libres que sous l'occupation." Veronika sait l'horrible vertige produit par ces paroles. Mais il n'y a pas de provocation chez elle, seulement l'irrecevable paradoxe que jamais plus elle ne sera autant adulée et aimée qu'à cette époque où le pays s'était métamorphosé en bloc de haine pure. Le passé est indicible. Et les flashbacks sont aveuglants."
objectif-cinéma.com - Frédéric Foubert
"...Mais c'est évidemment l'utilisation virtuose de la lumière et des ombres, du blanc et du noir qui développe la réflexion sur le cinéma dans Le secret de Veronika Voss.
Ainsi, on peut dire que la lumière est le sujet premier du film. En effet, on ne voit qu'elle et au lieu d'éclairer, elle aveugle. Elle n'ouvre pas, mais enferme les personnages dans un univers irréel. C'est le cas dans la scène au début du film dans laquelle Krohn et Veronika se retrouvent dans le tramway qui fend une nuit pluvieuse.
Fassbinder inverse le rapport habituel qui veut que le clair soit du côté du vrai et le sombre du côté du faux. Au noir, appartient l'idée de la réalité physique, existentielle. Au blanc, la suggestion de la réalité fictionnelle, aliénée, coupée du monde réel.
(...) Veronika est ainsi prisonnière de son passé, mais c'est le passé commun d'une société toute entière. Elle est à la fois victime et complice de l'histoire allemande. Elle a brillée à la période nazie et vit désormais dans une société qui veut oublier à tout prix les crimes commis. C'est cette société névrosée, qui utilise les moyens artificiels pour cacher la vérité de son propre passé et continuer à vivre tranquillement, qui est visée par Fassbinder.
Cette même société pointée dans le film désire se débarasser des témoins vivants pour retrouver sa bonne conscience. Ce serait donc aux victimes de gérer leurs souffrances tout seuls et non pas à la société allemande de le faire. Elles devraient disparaître discrètement, s'anéantir sans bruit, qu'il s'agisse de Veronika ou du vieux monsieur juif, survivant de Treblinka. C'est d'ailleurs ce qui se passe. Dans cette logique, le personnage du Dr Katz rend service à la nouvelle société allemande en la nettoyant de ses fantômes."
www.a-c.ch - Anouk Fürst

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"Die Sehnsucht der Veronika Voss" - "Le secret de Veronika Voss"

                    Réalisateur : Rainer Werner Fassbinder