"Dans
Trop libre, Pia
Marais fait le protrait émouvant d'une toute jeune
adolescente
livrée à elle-même au sein d'une
communauté
libertaire de délinquants vieillissants. Ce film allemand
séduit par l'alliage d'excès et de nuances avec
lequel la
réalisatrice dépeint ses personnages, par la
manière qu'elle a de prendre à rebours
certains
clichés, et surtout par la présence frappante de
son
actrice principale, la jeune Ceci Schmitz-Chuh."
LeMonde.fr
" "Quand je serai
grande, je serai
une bourgeoise". Quand quelqu'un écrit un livre sur ses
parents
ou rédige un scénario sue ces mêmes
parents, il est
rare que le ton soit élogieux. La plupart du temps, il
s'agit de
réglements de compte. Souvent cela concerne ce que les
parents
ont bloqué chez l'enfant. Ces derniers temps on entendait
souvent les soixantehuitards anti-autoritaires qui mettaient au pilori
l'éducation ou plutôt l'absence
d'éducation de
leurs parents. La réalisatrice Pia Marais s'est aussi
emparée de ce sujet. Le personnage principal de son dernier
film
est une fillette de 14 ans qui se désespère au
sujet de
ses parents irresponsables et criminels. (...) "Mal
dégrossi",
telle est pratiquement la traduction anglaise du titre. C'est en fait
la meilleure description du film. Ce film est loin
d'être
fignolé, poli, il a aussi quelques faiblesses. Mais ce qui
le
rend captivant, c'est la précision dans la description des
caractères. D'un côté, la fillette
Stevie qui se
bricole son propre monde en remplaçant sur des photos de
familles volées la tête des personnes par la
tête de
ses propres parents. Et d'un autre côté, la
mère
défraîchie, accro, qui voit dans sa fille plus une
concurrente qu'une adolescente à protéger, et le
père, ce criminel qui met par kilos du haschisch dans la
valise
rouge de son enfant."
Jetzt.sueddeutsche.de
Carolin Stroebele
"Dans l'imaginaire
collectif, dans
toute bonne crise d'ado, il y a d'un côté l'enfant
désirant s'affranchir de l'autorité parentale
pour
assouvir sa soif d'indépendance, et de l'autre, les parents
s'obstinant à maintenir des repères d'une
autorité
qui s'étiole avec le temps. Avec
Trop libre,
Pia Marais prend le contre-pied de cette image d'Epinal pour nous
plonger dans l'univers de Stevie, 14 ans, jeune fille pas encore femme,
qui tente de (sur)vivre aux côtés d'une
mère toxico
et d'un père ex-taulard. Un foyer modèle en
somme,
plongé provisoirement au beau milieu d'une
communauté
improvisée où fumer des joints est l'occupation
principale.
Le rève pour bon nombre d'ados en révolte. Un
enfer pour
Stevie qui, au contraire, souhaite plus que tout aller à
l'école, rencontrer des amis et vivre avec des parents
"normaux". La jeune adolescente campée par la surprenante
Ceci
Schmitz-Chuh, nous plonge au milieu de ce chaos, où
l'éthique n'est qu'un mot et la différence entre
le bien
et le mal, absente. A l'image de l'histoire qui ménage de
nombreuses zones d'ombres et accentue la sensation d'une vie
défilant sans buts, sans rythme, sans saveur
malgré
l'enchaînement des soirées et des drogues.
Servi par une mise en scène sobre qui souligne
l'extrème laideur de certaines situations, le film ne juge
pas,
en évitant l'écueil de transformer les
personnages en
monstres mais nous montre seulement que le destin peut
s'avérer
capricieux. Et que pour s'en affranchir, le fuite ne suffit pas."
commeaucinéma
Xavier Lalu