" Quelle force! Quelle audace et
quelle précision! (...) S'inspirant de la vie de sa
mère, l'écrivaine Gisela Elsner, Oskar Roehler raconte dans "L'insaisissable"
les
derniers mois de la vie de l'écrivaine appelée dans le film Hanna
Flanders. La période de gloire de cette écrivaine autrefois idéaliste
appartient depuis
longtemps au passé.
On
est à l'automne 1989 et
pour cet auteur de gauche, son propre monde s'écroule au moment de la
chute du mur. Cette femme abondonnée, marquée par la vie, quitte Munich
pour Berlin afin de prendre un nouveau départ. Mais les rencontres avec
les vieux amis et les anciens collègues de l'ancienne RDA sont
des moments douloureux, de véritables désillusions, personne ne semble
plus s'intéresser aux anciens idéaux. Sans la moindre illusion et
ruinée financièrement, elle retourne à Munich. Elle n'a finalement plus
qu'une seule voie pour échapper à ses dépressions et à ses peurs...
Il serait faux de
prétendre que "L'insaisissable"
se
focalise sur les blessures d'une seule personne. (...) "Tu me confonds
avec mon maquillage", dit-elle un jour à son ex-mari. Le fils quant à
lui réussit malgré tout, non seulement à révéler l'image de sa mère
sous le maquillage, mais
aussi à révéler l'image de la réalité dans laquelle elle se déplace.
Pour la première fois, un
film allemand réussit à affronter la réalité de l'après-mur avec le
regard d'un Allemand de l'Ouest.
(...) Enfin et pour la première fois, on découvre les séquelles de ces
dépressions, de ces chocs (revers de la médaille de l'euphorie générale)
déclenchés par la Chute
du Mur chez les Allemands de l'Ouest.
filmportal.de
Véronika Rall