Poster Sehnsucht

"Les personnages (joués par des inconnus intenses) se disent le minimum, un peu comme chez Bruno Dumont. Mais par association de séquences lapidaires, par glissement d'un visage à l'autre, le cinéaste pose la plus cruciale des questions. Dans une vie heureuse et accomplie, pleine donc, où se loge encore le désir, creux nécessaire, force motrice absolue? Le film montre exactement cela, comment l'incomplétude revient par la fenêtre d'une vie où elle avait été candidement raccompagnée à la porte."
Télérama  Louis Guichard

"Sous l'apparence de la banalité, (les nouveaux cinéastes allemands) procèdent à un relevé des dysfonctionnements intimes du modèle allemand et d'une génération qui rentre désormais tête basse sous la lumière crue du quotidien. On le voyait par exemple dans la fuite de la jeune femme hors de son foyer trop calme  pour elle dans le "Montag" de Köhler ou à travers le jeu de massacre oedipien du "Ping-pong" de Matthias Luthardt. A ce jeu-là, il ne faut pas arriver avec pour seul bagage un discours formaté sur "les vrais gens", mais avec un sens de l'écoute et du détail en quête de tout ce qui trompe les apparences.
Valeska Grisebach a cherché durant dix-huit mois ses acteurs, tous complexes, tous inattendus, tous non professionnels : Andréas Müller est carrossier et pompier dans le civil, Ilka Welz est infirmière dans un hôpital de Berlin et Anett Dornbusch est éleveuse de volaille. Ils sont parfaits, énigmatiques et sexy.

Libération  Philpppe Azoury

"Un homme, deux femmes : rien de plus banal. "Désirs", deuxièmes film de la jeune Valeska Grisebach, en compétition l'an dernier à Berlin, ne renouvelle pas sans doute le thème mais retient l'attention par son minimalisme, sa lenteur, sa pesanteur un peu étouffante. Et la stupéfiante vérité de ses interprètes, des amateurs dont elle sait capter sans insister les gestes quotidiens, les simplicités, les silences. Brossant à travers leurs personnages le tableau d'une Allemagne grise, presque désespérante et désespérée, elle évite tout pathos mais parvient subtilement à déstabiliser le spectateur. Le cinéma allemand serait-il, décidément, en train de renaître."
Les Echos  Annie Coppermann

"Valeska Grisebach observe notamment un homme qui, au lieu de réfréner un élan passionné par une attitude conformiste, choisit au contraire de revendiquer un romantisme désuet. Les comédiens non professionnels  établissent une proximité avec le spectateur, une connivence qui se rapporte au caractère très abordable des enjeux du récit. Il y a pourtant un mystère à l'oeuvre dans "Sehnsucht". On sent bien que la réalisatrice répugne à l'expliquer, en dépit du caractère universel et même exemplaire de la situation. Grâce à l'une des plus belles fins que l'ont ait vue depuis bien longtemps au cinéma, ce mystère perd de sa sécheresse, pour se rendre au regard des enfants."
Arte.tv  Julien Welter


















« Sehnsucht » « Désir(s) »   



Réalisatrice : Valeska Grisebach