"Sous l'apparence de la
banalité, (les nouveaux cinéastes allemands)
procèdent à un relevé des
dysfonctionnements
intimes du modèle allemand et d'une
génération qui
rentre désormais tête basse sous la
lumière crue du
quotidien. On le voyait par exemple dans la fuite de la jeune femme
hors de son foyer trop calme pour elle dans le
"Montag" de
Köhler ou à travers le jeu de massacre oedipien du
"Ping-pong"
de Matthias Luthardt. A ce jeu-là, il ne faut pas arriver
avec
pour seul bagage un discours formaté sur "les vrais gens",
mais
avec un sens de l'écoute et du détail en
quête de
tout ce qui trompe les apparences.
Valeska Grisebach a cherché durant dix-huit mois ses
acteurs,
tous complexes, tous inattendus, tous non professionnels :
Andréas Müller est carrossier et pompier dans le
civil,
Ilka Welz est infirmière dans un hôpital de Berlin
et
Anett Dornbusch est éleveuse de volaille. Ils sont parfaits,
énigmatiques et sexy.
Libération
Philpppe Azoury
"Un homme, deux femmes :
rien de plus banal.
"Désirs", deuxièmes
film de la jeune Valeska Grisebach, en compétition l'an
dernier
à Berlin, ne renouvelle pas sans doute le thème
mais
retient l'attention par son minimalisme, sa lenteur, sa pesanteur un
peu étouffante. Et la stupéfiante
vérité de
ses interprètes, des amateurs dont elle sait capter sans
insister les gestes quotidiens, les simplicités, les
silences.
Brossant à travers leurs personnages le tableau d'une
Allemagne
grise, presque désespérante et
désespérée, elle évite tout
pathos mais
parvient subtilement à déstabiliser le
spectateur. Le
cinéma allemand serait-il, décidément,
en train de
renaître."
Les Echos
Annie Coppermann
"Valeska Grisebach
observe notamment
un homme qui, au lieu de réfréner un
élan
passionné par une attitude conformiste, choisit au contraire
de
revendiquer un romantisme désuet. Les comédiens
non
professionnels établissent une
proximité avec le
spectateur, une connivence qui se rapporte au caractère
très abordable des enjeux du récit. Il y a
pourtant un
mystère à l'oeuvre dans
"Sehnsucht".
On sent bien que la réalisatrice répugne
à
l'expliquer, en dépit du caractère universel et
même exemplaire de la situation. Grâce à
l'une des
plus belles fins que l'ont ait vue depuis bien longtemps au
cinéma, ce mystère perd de sa
sécheresse, pour se
rendre au regard des enfants."