Rita_Vogt

"Il s'agit d'un "film de frontière" non pas à l'image des scènes d'ouverture du"Petit soldat" de Godard ou de "La soif du mal" de Welles , mais à l'image des films de guerre dont l'enjeu est une ligne sur une carte. Repousser cette ligne, c'est pour Rita Vogt se questionner sur son engagement, sur ses choix mais aussi sur sa sexualité. Amoureuse d'Andreas Klein, son passage en Allemagne de l'Est s'accompagne d'une rencontre avec Tatjana avec laquelle elle entretient une relation, suivie d'une idylle avec Jochen. Sa bisexualité et son double attachement (R.F.A. et R.D.A.) font de Rita Vogt une femme incomprise qui "brûle" sa vie pour une cause perdue d'avance, en référence à celle de la bande à Baader. C'est une guerre totale contre le système dit de l'économie de marché et l'occasion d'une confrontation avec soi-même. Jusqu'au-boutiste, Rita Vogt vit habitée par les illusions d'une société plus juste dont l'Allemagne de l'Est serait le modèle."
objectif-cinéma.com - Yann Raymond


"Rita Vogt pourrait n'être qu'une femme de sythèse historique. Mais Schlöndorff s'est attaché à elle, comme beaucoup de ceux qui la rencontrent. Pour ceux qui l'accompagnent, Rita Vogt reste fuyante, toujours condamnée à s'échapper. A  travers ces liens défaits revient la même question : comment aimer Rita Vogt ? Il faut l'entendre aussi politiquement : comment aimer celle qui a fait le choix du terrorisme ? Schlöndorff avance une réponse nuancée. Rita s'est engagée, s'est égarée, mais elle est de ces êtres en marge qui poursuivent un absolu dont la beauté est de rester, comme eux, insaisissable."
Télérama - Frédéric Strauss


"Schlöndorff est loin de deïfier l'histoire telle qu'elle peut l'être dans le message révolutionnaire. Dans "Les trois vies de Rita Vogt", il pose beaucoup de questions et n'esquisse, à dire vrai, aucune réponse; c'est à la fois la force et la faiblesse de ce long métrage, fragmenté et dans sa narration et dans son questionnement. Schlöndorff a recours à l'ellipse, ce qui constitue en définitive une échappatoire au besoin de réponse et se tient ainsi à l'écart de l'idéologie. En optant pour la fiction et non pour le documentaire, il balaye en effet tout soupçon de sympathie envers l'ex-terroriste. Il adopte un ton neutre dans son approche de l'Histoire, afin de se focaliser uniquement sur les émotions de Rita Vogt. Il n'y a dans ce film ni réhabilitation, ni diabolisation, ni même justification du meutre idéologique."
cinéma.fluctuat-net - Anthony Dufraisse

Retour
"Die Stille nach dem Schuss" - "Les trois vies de Rita Vogt"

                  Réalisateur : Volker Schlöndorff