"Götz Spielmann montre dans son film comment des individus,
des
milieux socio-culturels, des cultures et des attitudes se confrontent
avec violence. Il n'y a pas de gros plans, peu de coupes à
l'intérieur des scènes. La caméra de
Martin
Gschlacht reste longtemps à la même place, et
toujours
à distance. Elle semble être là par
hasard
et assister à la scène. On
s'étonne un peu de
voir le réalisateur inactif laisser ses personnages courir
à leur perte. "Mes personnages courent d'eux-mêmes
à leur perte, je ne fais que courir après eux
avec la
caméra", corrige-t-il avec ironie et on est presque enclin
à le croire. Il est le maître de l'allusion
précise, objective; ses images, le public doit les
décoder, il a le temps de les fouiller. Cette
façon de
raconter les histoires correspond à sa philosophie de la
vie:
"Ce qui m'intéresse c'est l'influence que l'on a en
permanence
sur les autres sans le savoir. En même temps, on est
continuellement influencé sans s'en apercevoir. Je crois que
l'ego est une illusion. Nous faisons partie d'un réseau.
C'est
très important pour nous tous de le reconnaître.
On n'est
pas seulement responsable de soi-même, mais du monde entier.
Si
on en était conscient, on ferait beaucoup moins de
bétises."
Ray-magazin.at
- Daniela Sannwald