Revanche

"Autre (bonne) surprise, présentée dans la section Panorama (Berlinale), Revanche, de l’Autrichien Götz Spielmann, accumule, dans la première partie, tous les signes du thriller, pour mieux les vider ensuite de leur contenu. (...) Chez les compatriotes de Spielmann, Michael Haneke ou Ulrich Seidl, cette situation aurait naturellement débouché sur un carnage et une méditation misanthrope. Spielmann, au contraire, s’appuie sur l’irruption du tragique dans l’existence de gens ordinaires pour imaginer d’autres issues à la catharsis spectaculaire que tout le monde attend."
Libération  Didier Péron

"Johannes Krisch interprète Alex avec un mélange d'arrogance, de naïveté et de haine de soi. Cédant aux avances de Susanne, il entame une relation sexuelle avec la femme du policier. Mais leurs relations sont loin d'être harmonieuses. Bien que ses collègues parlent d'un accident bête, Robert ne peut pas surmonter son meurtre accidentel, et il se mure dans son isolement. A la fin, tous les participants sont liés entre eux dans un enchevêtrement de culpabilités réciproques. Peut-on supporter cet état longtemps, telle est la question du film."
taz.de - Dossiers Berlinale

"Il n'est pas rare que le cinéma autrichien passe pour un cinéma pessimiste. Le New York Times a écrit un jour que le voisin de l'Allemagne était devenu la capitale du cinéma du 'mal-être'. Il est vrai que ce drame "Revanche" n'est pas tout à fait un film du 'bien-être', mais le metteur en scène Götz Spielmann attache beaucoup d'importance à démontrer qu'il est un cinéaste optimiste. C'est ce que montre son nouveau film, car malgré la trame dramatique de l'oeuvre, il fait toujours entrevoir à ses personnages une lueur d'espoir. Le scénario habilement écrit autour des suites catastrophiques d'un hold-up permet au spectateur de passer un agréable moment."
Filmstarts.de  -  Stefan Ludwig

"Le réalisateur et metteur en scène Götz Spielmann présente au public deux heures d'émotion et de tension dramatique. Dans son film, l'Autrichien renonce aux effets spectaculaires, au contraire, il raconte son histoire doucement sans rien imposer. Le scénario contient quelques dialogues magnifiques, il alterne avec un grand savoir-faire les rôles de coupables et de victimes. Les prestations des acteurs sont toutes convainquantes. Johannes Krisch joue remarquablement le rôle d'un petit criminel à l'allure débonnaire qui tout d'un coup a une envie de vengeance, Andreas Lust, un être passif et désespéré, est son pendant réussi. Johannes Thanheiser interprète avec beaucoup de justesse le grand-père Hausner qui au milieu des passions exacerbées offre un havre de paix bienfaisante. Ce drame poignant a déjà obtenu quelques prix internationaux et se porte candidat pour l'Oscar du Meilleur film étranger."
Skip.at  -  Klaus Hübner

"Götz Spielmann montre dans son film comment des individus, des milieux socio-culturels, des cultures et des attitudes se confrontent avec violence. Il n'y a pas de gros plans, peu de coupes à l'intérieur des scènes. La caméra de Martin Gschlacht reste longtemps à la même place, et toujours à distance. Elle semble être là par hasard et assister à la scène. On s'étonne un peu de voir le réalisateur inactif laisser ses personnages courir à leur perte. "Mes personnages courent d'eux-mêmes à leur perte, je ne fais que courir après eux avec la caméra", corrige-t-il avec ironie et on est presque enclin à le croire. Il est le maître de l'allusion précise, objective; ses images, le public doit les décoder, il a le temps de les fouiller. Cette façon de raconter les histoires correspond à sa philosophie de la vie: "Ce qui m'intéresse c'est l'influence que l'on a en permanence sur les autres sans le savoir. En même temps, on est continuellement influencé sans s'en apercevoir. Je crois que l'ego est une illusion. Nous faisons partie d'un réseau. C'est très important pour nous tous de le reconnaître. On n'est pas seulement responsable de soi-même, mais du monde entier. Si on en était conscient, on ferait beaucoup moins de bétises."
Ray-magazin.at  -  Daniela Sannwald

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"Revanche"

   Réalisateur : Götz Spielmann