Die_Welle
 
Des graffitis, de l'herbe, le besoin d'appartenir à une communauté : le film "La vague" montre comment il est encore facile aujourd'hui de reproduire des copies conformes des Jeunesses Hitlériennes. Le marginal, l'étranger, l'hédoniste, le prolétaire, tous sont réceptifs aux promesses communautaristes de "La vague". Il manque dans cette énumération, et c'est un reproche que l'on peut faire au film, le personnage du teenager boutonneux, l'enfant du néo-libéralisme qui s'est adapté aux contraintes de l'économie de marché et qui, quittant un stage de formation professionnelle, traverse en courant un club de remise en forme pour assister à sa répétition de théâtre parce qu'il est le seul à savoir qu'il est l'unique responsable de son avenir. Même ce carriériste exténué pourrait lui aussi profité  d'un bain dans l'eau de "La vague".
Christoph Cadenbach  Spiegel- online

"Oeuvre profonde, d'une magnifique rigueur formelle et cinématographique qui nous a tous boulversés, en nous incitant à la plus grande vigilance devant les symtômes de notre violence personnelle qui creuse aussi le lit de la violence sociale et politique."
Jury du Festival de Cannes 2009

"Le professeur Rainer Wenger (Jürgen Vogel), que ses élèves apprécient beaucoup mais que les collègues évitent souvent, se lance durant la semaine des projets dans une expérience lourde de conséquences : chaque professeur se voit attribué un sujet à traiter, en l'occurence une forme de gouvernement particulière, qu'il doit travailler avec ses élèves et lorsqu'un de ses élèves prétend qu'il serait impossible aujourd'hui d'instaurer une dictature parce que la population est trop bien informé sur le sujet, il commence tout doucement à les manipuler en introduisant par étapes une certaine discipline, un uniforme pour la classe, un esprit communautariste ce qui fait que les élèves qui ne suivent pas sont exclus et que le projet dérape...
Certes, le film s'inspire du roman du même nom de Morton Rhues, mais celui-ci n'est pas une pure fiction puisqu'il repose sur des faits réels qui se sont passés en 1967, à la Cubberley High School de Palo Alto, Etat de Californie. A l'époque, le professeur d'histoire Ron Jones n'arrivait pas à répondre à une question de ses élèves : "Comment les Allemands pouvaient prétendre n'avoir rien su de l'extermination des Juifs? Comment les habitants des villages, les employés des chemins de fer, les professeurs, les médecins pouvaient prétendre n'avoir rien su de l'horreur des camps de concentration? Comment les voisins, et les amis de citoyens juifs pouvaient-ils dire qu'ils n'avaient rien vu?"
C'est ainsi que le professeur décida de mener une expérience avec ces élèves qui devait grâce à une certaine discipline et à d'autres mesures particulières les amener à former une communauté forte pour leur faire sentir combien il était facile de tomber dans le fascisme. A l'origine, l'expérience n'était prévue que pour une journée mais grâce à l'enthousiasme des élèves, elle s'est étendue à toute l'école et elle s'est répandue comme un virus. Les conséquences furent que tous ceux qui ne se reconnaissaient pas de la nouvelle communauté étaient exclus et que certains élèves furent même tabassés. Au bout de cinq jours, Ron Jones dût interrompre son expérience..."
Filmering.at


Dans son livre paru en 1984 et qui devint très rapidement une lecture conseillée à l'école, l'auteur Morton Rhue montre comment un jeune professeur, grâce à une expérience inhabituelle, arrive à démontrer à ses élèves que le fascisme n'est pas un système politique disparu dans les brumes du passé.
A quoi ressemblerait cette expérience aujourd'hui? C'est la question que s'est posée Dennis Gansel et il a laissé déferler "La vague" sur un lycée allemand.
Zeit.online.de
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                        "Die Welle"   "La vague"

                      Réalisateur : Dennis Gansel