Des graffitis, de l'herbe, le besoin d'appartenir à une communauté : le film "
La vague"
montre comment il est encore facile aujourd'hui de reproduire des
copies conformes des Jeunesses Hitlériennes. Le marginal, l'étranger,
l'hédoniste, le prolétaire, tous sont réceptifs aux promesses
communautaristes de "
La vague".
Il manque dans cette énumération, et c'est un reproche que l'on peut
faire au film, le personnage du teenager boutonneux, l'enfant du
néo-libéralisme qui s'est adapté aux contraintes de l'économie de marché et qui, quittant un stage de formation professionnelle, traverse en courant un club de remise en forme pour assister à sa répétition de théâtre parce qu'il est le seul à savoir qu'il est l'unique responsable de son avenir. Même ce carriériste exténué pourrait lui aussi profité d'un bain dans l'eau de "
La vague".
Christoph Cadenbach Spiegel- online
"Oeuvre
profonde, d'une magnifique rigueur formelle et cinématographique qui
nous a tous boulversés, en nous incitant à la plus grande vigilance
devant les symtômes de notre violence personnelle qui creuse aussi le
lit de la violence sociale et politique."
"Le
professeur Rainer Wenger (Jürgen Vogel), que ses élèves apprécient
beaucoup mais que les collègues évitent souvent, se lance durant la
semaine des projets dans une expérience lourde de conséquences : chaque
professeur se voit attribué un sujet à traiter, en l'occurence une
forme de gouvernement particulière, qu'il doit travailler avec ses
élèves et lorsqu'un de ses élèves prétend qu'il serait impossible
aujourd'hui d'instaurer une dictature parce que la population est trop
bien informé sur le sujet, il commence tout doucement à les manipuler
en introduisant par étapes une certaine discipline, un uniforme pour la
classe, un esprit communautariste ce qui fait que les élèves qui ne
suivent pas sont exclus et que le projet dérape...
Certes, le film
s'inspire du roman du même nom de Morton Rhues, mais celui-ci n'est pas
une pure fiction puisqu'il repose sur des faits réels qui se sont
passés en 1967, à la Cubberley High School de Palo Alto, Etat de
Californie. A l'époque, le professeur d'histoire Ron Jones n'arrivait
pas à répondre à une question de ses élèves : "Comment les Allemands
pouvaient prétendre n'avoir rien su de l'extermination des Juifs?
Comment les habitants des villages, les employés des chemins de fer,
les professeurs, les médecins pouvaient prétendre n'avoir rien su de
l'horreur des camps de concentration? Comment les voisins, et les amis
de citoyens juifs pouvaient-ils dire qu'ils n'avaient rien vu?"
C'est
ainsi que le professeur décida de mener une expérience avec ces élèves
qui devait grâce à une certaine discipline et à d'autres mesures
particulières les amener à former une communauté forte pour leur faire
sentir combien il était facile de tomber dans le fascisme. A l'origine,
l'expérience n'était prévue que pour une journée mais grâce à
l'enthousiasme des élèves, elle s'est étendue à toute l'école et elle
s'est répandue comme un virus. Les conséquences furent que tous ceux
qui ne se reconnaissaient pas de la nouvelle communauté étaient exclus
et que certains élèves furent même tabassés. Au bout de cinq jours, Ron
Jones dût interrompre son expérience..."
Filmering.at
Dans son livre paru en 1984 et qui devint très rapidement une
lecture conseillée à l'école, l'auteur Morton Rhue montre comment un
jeune professeur, grâce à une expérience inhabituelle, arrive à
démontrer à ses élèves que le fascisme n'est pas un système politique
disparu dans les brumes du passé.
A quoi ressemblerait cette expérience aujourd'hui? C'est la question que s'est posée Dennis Gansel et il a laissé déferler "
La vague" sur un lycée allemand.
Zeit.online.de