Der freie Wille

"Peut-on s'offrir l'audauce d'imaginer un échappatoire au destin de Theo ou une issue à sa rencontre avec Nettie, même au cinéma? Le réalisateur ne jouera pas vraiment  sur le registre du coup de théâtre, ni sur ce fameux libre-arbitre, pour revendiquer plutôt et réfléchir sur près de trois heures au caractère tragique et monochrome de son récit : pas d'ellipse, pas d'enjolivement. Nettie offre un véritable contrepoint aux déambulations nocturnes de Theo dans un décor urbain uniformément terne, inhospitalier et déserté des vivants, où seul le bruit des voitures répond à ses silences. Dans cette Allemagne grise de quinzaines commerciales et de bacs à fleurs, Theo ne sourit jamais. Mais Nettie lui offre ce viatique qui, malgré la dureté légitime d'une issue tragique, consolide le discours de Matthias Glasner et le porte au-delà de la seule volonté de déranger. Après l'artificiel et récent "Entre ses mains" d'Anne Fontaine, qui traitait avec pédanterie d'un sujet voisin, "Der freie Wille" apparaît comme un film qui compte."

« Der freie Wille » « Le libre arbitre »

Réalisateur : Matthias Glasner

Arte.tv  Julien Welter


"La force de la mise en scène de Matthias Glasner réside dans le regard calme et distancié qu'il porte sur les faits, dans la retenue. Glasner réussit à nous faire découvrir l'être humain dans le coupable sans pour autant minimiser les faits. Il n'y parvient pas en montrant naïvement les "autres facettes" de Theo. Certes on le voit une fois manger des spaghettis et dans ses activités quotidiennes. Mais on le voit surtout se confronter à ses propres actes et à son ego. Le fait qu'il soit conscient de ce qu'il fait, qu'il ait une  morale, même s'il agit à l'encontre de cette morale, tout cela le rend humain."
Artechock  Munich


"Matthias Glasner - metteur en scène :" Les gens sont avides de connaître les violeurs, c'est pourquoi les médias, les journaux, la télévision traitent régulièrement le sujet. De ce point de vue, en m'intéressant à ce personnage, je ne brise pas de tabou. Je voulais simplement l'appréhender d'une autre manière."
Dans le film "Le libre arbitre", la perspective choisie est celle du coupable. Le film ne plaide pas en faveur du coupable mais il décrit comment Theo fonctionne : l'ivresse du pouvoir qui se loge dans le désir et la solitude du plaisir.
La victoire sur ses propres pulsions ne reste pour Theo qu'une illusion. Et en présence de l'âme de Theo disséquée devant lui, le spectateur reste décontenancé. Bien des choses restent obscures, les avis sont partagés mais malgré tout le film reste fort."
Arte.tv


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