Am Ende kommen die Touristen

"Dans le film "Am Ende kommen die Touristen" la topographie de l'horreur ne sert que d'arrière-plan au développement d'une autre histoire. Cela peut sembler risqué, mais le réalisateur maîtrise le drame psychologique de main de maître. Mais quiconque aborde de façon sérieuse le souvenir du génocide, doit se poser aussi cette question : au fait comment vit-on à l'ombre du plus horrible des crimes de l'humanité?
Il est étonnant de voir combien il est difficile aux fabricants de drames nazis de faire le lien entre hier et aujourd'hui. Dans les schémas narratifs figés des fictions sur l'holocaust et le national-socialisme, où se situe l'individu qui se penche sur ce passé?
Quelque part entre la maîtrise du passé prescrite d'en haut et le souvenir individuel, c'est là que se situe le drame non-conventionnel de Thalheim sur l'adolescence. Il pourrait être la clé d'une compréhension plus approfondie de l'histoire. Cette tentative périlleuse de Robert Thalheim, ce film parfois amusant , légèrement didactique est une véritable rareté dans l'industrie du souvenir du cinéma allemand : il ne s'agit pas d'un tour de force contre l'oubli, mais d'un petit film amusant contre l'évanouissement du souvenir."
Spiegel online  Christian Buß


"Comment est-ce possible qu'aucun metteur en scène n'ait eu jusqu'à présent cette idée? Oswiecim  est une petite ville polonaise de 40 000 habitants. Quels sont leurs rapports avec l'histoire? "Am Ende kommen die Touristen" est une passionnante confrontation à l'histoire et ce sur le plan personnel. Le réalisateur Robert Thalheim s'intéresse essentiellement au présent de la petite ville. Pour cette raison, les images qui évoquent le génocide sont plutôt au second plan. On évite ainsi la banale émotion. Robert Thalheim a réussi à convaincre l'ancien acteur polonais Ryszard Ronczewski de participer au film. Il est très convaincant dans le rôle de l'ancien prisonnier Stanislav. Sven et Stanislav sont les représentants de deux générations qui renvoient deux images profondément différentes du passé. Dans cette perspective, la contribution de Robert Thalheim ressemble à un forum de discussion entre les générations."
Filmreporter.de  Tzveta Bozadjieva


"Le film "Am Ende kommen die Touristen" raconte la difficile normalité d'une ville entre présent et passé. Que Oswiecim ne soit pas uniquement un ancien camp de concentration mais aussi une petitte ville polonaise normale, dans laquelle des hommes travaillent, font des achats, pratiquent un sport ou vont au cinéma, beaucoup de visiteurs du camp l'ignorent. En Pologne, Sven est au fond sans cesse débordé. Il est confronté aux ressentiments de la population vis-à-vis des Allemands ("Demande lui donc si son père a déjà travaillé ici?"), à cette langue étrangère, le polonais, au vieil homme diffiicle. Krzeminski n'est pas un gentil papy, il peut être méchant, il se moque du jeune homme et le traite avec rudesse.
 Le réalisateur Robert Thalheim sait de quoi il parle. Comme Sven, il a fait son service civil au musée commémoratif d'Auschwitz. Peut-être est-ce pour cette raison que son film est si précis, aussi peu émouvant, aussi peu spectaculaire, vrai. Il montre les touristes, des groupes, des classes qui font leur pélérinage sur ce lieu du souvenir. Ils sont depuis longtemps gavés de documentation sur le Troisième Reich et leurs sensations oscillent entre un silence respectueux, une fausse consternation et l'ennui. Souvent ils ne sont même pas  réceptifs au témoignage de Krzeminski qui en comparaison des mises en scène hollywoodiennes n'accroche pas son public. Amer, Krzeminski résume : "Montrez leur "La liste de Schindler", ça les impressionnera plus!"
Freie Presse.de   Martina Knoben

« Am Ende kommen die Touristen » « Et viennent les touristes »


Réalisateur : Robert Thalheim